01/05/2008

Dictons et proverbes

Dictons et proverbes
Mois de mai

Mai commence par une croix
Et qui s'y marie en traîne deux. Sainte-Croix, le 3 mai
Mai frileux : an langoureux.
Mai fleuri : an réjoui.
Mai vertueux : an douteux.

Servet, Pancrance et Mamert
Font à eux trois un petit hiver. Les saints de glace, 12, 11 et 13 mai
Tant que mai n'est pas au vigt-huit,
L'hiver n'est pas cuit.

A l'Ascension,
Quitte tes cotillons.
A la Pentecôte,
Découvre tes côtes.
A la Fête-Dieu,
quitte tout, si tu veux.

ET
Dicton africain du jour
Le soleil n'ignore pas un village parce qu'il est petit.

21/04/2008

ASTROLOGIE - signe du TAUREAU

ASTROLOGIE - Signe du Taureau
Ce mois-ci : le signe du Taureau

du 20 avril au 19 mai
LE SIGNE DE LA COMMUNION !

Les personnes de ce signe se veulent en harmonie avec la Nature. Le signe du Taureau aspire à l'amour naturel et en toute simplicité. Les individu(e)s de ce signe sont en général tendres et affectueux. Ils aiment être bien dans leur peau et bien tout simplement. Chez eux tout est accueil et gentillesse, le bonheur de vivre et de bien vivre car ils aiment la bonne cuisine qui tient au corps, les meubles costauds, les maisons du style Manoirs ou grandes propriétés cossues, ils aiment posséder, ce sont des Terriens avec les pieds bien sur Terre.

Ils affectionnent les plaisirs élémentaires comme bien dormir, bien manger, se sentir beaux ou belles. Ils sont fiers de leur beauté et sont attirés par tout ce qui est "Art".
Ce sont en général eux-mêmes des artistes ou avec un énorme penchant pour les arts. Ce sont des conservateurs, ils sont très possessifs. Les individus du Taureau sont déterminés et suivent leurs objectifs jusqu'à ce que la paresse les retiennent. Oui, ce sont aussi de grands flegmatiques ils ont de grands moments de paresse !
Ce n'est pas pour autant qu'ils ne font rien. Ce sont des êtres solides, et fiables et on peut compter sur eux.

Les Taureaux sont d'un tempéramment généreux et indulgent.

Les individus de ce signe adorent jouer entre amis, en famille, pourtant, dans leur milieu professionnel la rigueur est de mise. Ce sont des personnes qui après leur labeur se consacrent du temps libre pour se détendre. Ils sont honnêtes et ne trichent pas.
Les voyages n'attirent pas forcément les signes du Taureau et si ils leur arrive de voyager, ils priviligieront les transports du genre : bateaux, randonnées oubien hôtels confortables.

Taureau, vous aimez les grandes virées à cheval dans les chemins boisés ou les longues promenades le long des plages, la campagne, la montagne, la mer vous permettent de vous sentir vous-même. Vous aimez vivre à votre rythme sans vous presser. Vous êtes assez sportif du moment que vous n'avez pas la sensation de vivre une corvée.
Les natifs du Taureau peuvent réaliser de leurs mains d'innombrables objets, ils peignent, font de la poterie pour ensuite décorer leur intérieur. Ils sont doués pour le chant et il n'est pas rare de les retrouver au sein d'une chorale ou d'un orchestre quand ils jouent d'un instrument. Votre goût est d'un rare raffinement et une touche de Nature se retrouve obligatoirement dans votre maison.

Vous ne pouvez pas vous passer de la Nature, elle est en vous et vous la cultivez. Vous adorez jardiner et confectionner des petits massifs personnalisés. Si vous habitez un appartement il est en général rempli de verdure et plantes de toutes sortes au risque de vous attirer quelques critiques de la part de ceux qui ne sont pas du genre "plantes vertes".
Madame Taureau aime dessiner et peut rester pendant des heures devant son chevalet pour reproduire un paysage exceptionnel et révèle alors tout son talent. Madame Taureau s'applique toujours pour réaliser ce qui lui fait envie, c'est une artiste.

Monsieur Taureau lui est plus réaliste et exprime son talent artistique dans la création uniquement pour assurer ses vieux jours.

18/04/2008

DEUIL : UNE PENSEE POUR AIME CESAIRE

Un grand poète, écrivain et politicien a disparu :
AIME CESAIRE
PAPA CESAIRE (comme on le surnommait) a donné au Peuple Noir la fierté d'être "NEGRE" et faire que ce mot ne soit plus à caractère péjoratif (La Négritude).
Merci AIME CESAIRE



Une de ces dernières apparitions lors d'un interview.

NOUS AVONS PERDU UN GRAND HOMME

17/04/2008

REMERCIEMENTS A MES PREMIERS LECTEURS

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Chères amies blogueuses et chers amis blogueurs,

Je viens de terminer l’écriture de mon roman «Le calvaire de Marie», tout au long des épisodes, vous m’avez soutenu par votre fidélité sans faille. Vos commentaires ont alimenté ma volonté pour poursuivre la tâche que je m’étais fixée : rendre hommage à ma mère par le biais d’un livre.

Aujourd’hui forte de ces encouragements, il me paraissait nécessaire de livrer au plus grand nombre, le fruit de mes recherches. Je vais donc, dans les jours qui suivront réunir l’ensemble de mes travaux, afin de produire des exemplaires finalisés pour les présenter à plusieurs maisons d’édition parmi les plus susceptibles de publier mon ouvrage.

Avec votre permission, je voudrais dédicacer une page spéciale à l’attention de celles et ceux qui n’ont cessé d’éprouver de la sympathie pour mon projet. Je continuerai au fur et à mesure de mes démarches à vous informer sur l’évolution de mes tentatives. Merci encore pour votre fidélité. Vous avez été en exclusivité les premiers témoins qui ont vu naître page après page ce qui deviendra très bientôt je l’espère, le compagnon de chevet d’un public toujours plus nombreux au fil du temps.

Danièle LONY

12/04/2008

RAY CHARLES ET STEVIE WONDER

Un peu de détente avec du "Rythm and Blue"



Ray CHARLES, était un papy dynamique !


Hit the road Jack



A ses débuts.

ET ENFIN...
WE ARE THE CHILDREN OF THE WORLD
NOUS SOMMES LES ENFANTS DU MONDE


LE MONDE EST UNE SEULE FAMILLE !
Bon Dimanche a toutes et tous.

10/04/2008

Première partie

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LE CALVAIRE DE MARIE
L'écriture est une liberté qui fait vivre l'esprit au delà des prisons.
Prologue

Survivre ou la liberté de Marie


Survivre, c’est l’espoir et le désespoir, survivre, ce fut la quête insensée de liberté de Marie. Dite « La grande dame ». Survivre sans contrainte dans un monde hostile, égoïste et déprimant, défendre sa sacro-sainte liberté, voilà ce qu’à toujours chercher à sauvegarder Marie.
Lever aux aurores et coucher au crépuscule en prenant bien soin de choisir un petit coin à la retirée des villes pour, disait-elle conserver sa tranquillité, c’est sans doute là une des principales activités de la journée de Marie. Se permettre de vivre une journée de plus, dans cette vie de bohème à l’abri des regards des honnêtes gens. Toujours à la recherche d’amis de rencontre à consoler, à aimer, à distraire, à dire la bonne aventure pour les rassurer. Son besoin incessant de protéger, de défendre et d’aimer. Aimer et être aimée, sa joie intense à donner, donner du bonheur, donner de son temps, de son être, câliner les perdants, soigner les faibles, flatter les vainqueurs, encourager les timides. Se battre comme une guerrière contre les injustices faites aux plus malheureux. Sans juger, jamais, les autres.
Marie aime s’entourer d’hommes, ses hommes comme elle disait. Mes enfants, mes amants, mes petits. Elle les a aimés tous, tous le lui ont rendu. Ils étaient sa force, ses piliers et ses admirateurs constants, toujours fidèles à cette femme de cœur qui jamais ne les a reniés mêmes dans leur faiblesse. Elle savait qu’il ne fallait pas blesser leur amour propre, leur moi profond, leur intérieur disait-elle. Elle ne les a en aucun cas infériorisés ces mâles mêmes dans leur plus piteux états. Leur apparence physique ne l’intéressait pas. En un regard elle pouvait sonder le fond de l’âme de chacun.
Marie la bohême, la nomade, la vagabonde, la libre femme, la perpétuelle chasseresse, la guerrière permanente, la rebelle incontestée de son clan, le clan des exclus, des pauvres, la reine des clochards, la princesse des pauvres, la réactionnaire des rues.
Au fil des années, cette femme a su se faire une place dans cette société d’hommes hirsutes à l’aspect primitif et sauvage. Très peu de femmes parmi eux, les rustres ne les supportent pas, plus vulgaires et mordantes que leurs congénères, elles sont obligées de se faire respecter et pour cela se composent un personnage qui bien souvent ne leur conviennent pas. Elles fument, boivent et sont grossières, vulgaires et pathétiques lorsqu’elles sont menacées. Jalouses de leurs territoires, elles ne savent pas entretenir l’amitié dira Marie.
Marie n’aime pas les femmes, elles l’exaspère et ne recherche pas leur présence. Sans ses hommes, elle se retranche derrière sa solitude douce compagnie sans faille et accepte d’être insultée, contestée et cela sans gémir, sans faiblir car elle s’en fout Marie, de cette gente féminine qui est, il faut bien le dire devenue sa pire ennemie.
On la surnomme la Clocharde, la méchante et parmi ses ennemies, quelques unes vont jusqu’à dire qu’elle est riche et qu’elle a sûrement enterré son magot quelque part et que c’est mystérieux. Le bruit court en effet que Marie serait riche et que c’est de sa propre volonté qu’elle serait devenue la compagne de tous ses malheureux qu’elle rencontre. Marie serait dit-on une fausse pauvre qui se paie des caprices de femme qui aurait été trop gâtée par le passé.
Dans chaque ville où elle passe, elle se fait de nouvelles ennemies et quelquefois mêmes des hommes rejoignent ces pauvres âmes.
Marie aime la solitude, c’est une solitaire, elle ne s’en cache pas et c’est une des nombreuses raisons qui nourrissent son impopularité parmi les femmes. Marie est trop éloignée d’elles, elle n’est pas bavarde en compagnie des femmes et se livre peu. Elle est trop souvent dans ses pensées et cela lui donne l’air bête. On a toujours l’impression qu’on la dérange et s’entoure de mystère. Elle ne s’intéresse pas aux autres, et passe ainsi pour une égoïste aux yeux de certains. Elle est farouche, sauvage même et se cache parfois derrière ses compagnons de route oubien dans un de ses endroits où personne n’oserait l’y chercher. Des lieux interdits aux gens bien comme aux mauvaises gens, des cachettes que seule elle connaît quand elle se sent en danger. Elle s’entoure parfois d’animaux égarés, des chiens plus particulièrement et des plus menaçants qu’elle apprivoise et qu’ils lui sont fidèles et dévoués. Ils restent avec elle pendant quelques temps jusqu’au jour où ils sont emportés par la fourrière.
Clocharde elle fut, clocharde elle resta et c’est sur cette liberté fragile qu’elle vivra, pour elle qu’elle mourra sans jamais faiblir.

Et pourtant, tout semblait sourire à Marie, issue d’un bon milieu, rien ne laissait présager un tel sacrifice, à cause de quoi, de qui ? C’est ce que vous allez découvrir, voici son histoire….Je vais vous la raconter.



CHAPITRE I
La maison, l’enfance, les peurs


La féminité, la maternité, l’indépendance. Toute sa vie se résume autour de ces mots qui furent l’essence même de sa vie. Son tempérament rebelle se révèle et prend toute sa dimension lorsque l’on touche à sa liberté, à sa manière de vivre, à son sens de la procréation.
Marie est issue d’un milieu bourgeois où l’on cultive avant tout l’autonomie, la créativité et la culture. De part son père Eugène L.***, elle apprendra la persévérance, l’endurance des douleurs sans se plaindre, la force de vivre, l’humour à chaque occasion, une grande tolérance envers les autres et l’amour de la nature et des voyages. Sa mère, Marie Eugénie R lui inculquera une éducation très stricte, des règles à suivre, un minimum de culture générale et notamment la musique, une manière de vivre d’une autre époque dira t’elle plus tard, un mode de vie immuable et une double instruction puisque sa mère lui enseignera à sa manière des éléments semblant manquer dans les écoles de la République à ses dires. Sa mère l’obligera à cacher sans cesse ses sentiments et lui enseignera des valeurs surannées qui ne feront que l’isoler de ses contemporains.
Sa mère ne s’ouvrira à elle qu’à la veille de sa mort pour lui apprendre que cette carapace lourde à porter était faite uniquement dans le but de la protéger, rien d’autre.
Marie naquit le 26 juin 1915 à 12h00 dans un charmant petit pavillon de banlieue Havraise (Seine-Maritime). Sa mère ne souhaitait pas mettre au monde un enfant dans un univers communautaire, impersonnel et impropre à l’épanouissement d’une jeune maman. De plus, l’idée même de côtoyer des femmes qui n’étaient pas de sa condition ne l’enchantait guère.
Déjà Marie sans le savoir sera conditionnée à évoluer dans un milieu à part et légèrement en décalage avec son époque. Sa mère se prit tout de suite d’adoration pour ce bébé aux joues roses et aux grands yeux déterminés pour son âge.
Ses parents formaient un couple très original de part leurs différences. Son père était aux antipodes des idées de sa mère. Lui, plutôt serein, distrait et défenseur des grandes causes, humaniste et sans détours, il inspirera la jeune Marie dans sa recherche de l’absolu. Sa mère, austère mais aimable s’enveloppant dans sa fierté lorsque, irritée par les soudaines compassions de son mari pour les malheureux de toutes sortes, lui ramenant à chaque fois que l’occasion s’en présentait des chats perdus qu’elle allait rapporter ensuite aux refuges pour animaux ; sa mère pourtant qu’elle jugera plus que sévèrement, s’indignait quand on critiquait son mari. Ses parents malgré leurs divergences d’opinion, de caractère et de tempérament étaient unis et se respectaient l’un l’autre. D’un commun accord, complices et s’accordant une grande liberté d’action dans le fonctionnement de leur foyer.
Marie apprendra très tôt à devenir grande, sa mère lui enseigne dès son plus jeune âge à s’autogérer tout en lui apportant plus que le nécessaire dans sa vie quotidienne. Un piano qu’elle lui offrira à l’âge de douze ans pour dit-on la civiliser.
Au fil des jours, la petite fille se révèlera un peu sauvageonne au grand désespoir de sa mère qui regrettera toujours de ne pas être arrivé avec elle à la « dompter », « l’obéissance est une forme de réduction de soi » écrit Marie bien longtemps après dans son petit calepin qu’elle traînera sur elle jusqu’à sa mort. Marie n’était pas d’une nature obéissante en effet, ce n’était pas une enfant difficile à vivre mais cependant avec son grand calme avant la tempête, elle refusait catégoriquement d’obéir à un ordre qu’elle trouvait injuste et dont les raisons lui semblaient floues.
Marie grandira entre des parents peu communs, entourée de soins et de tendresse, manquant de rien et ignorant presque tout du monde extérieur.
Il n’était pas rare que son père, cheminot, cadre dans la SNCF emmenait avec lui par le train sa petite fille, Marie se faisait toujours une joie lorsque ces moments là arrivaient et de son père, elle prit le goût du voyage. Elle se trouvait privilégiée par rapport aux autres enfants de son âge car elle bénéficiait de voyages gratuits et devenait la petite mascotte des collègues de son père. On l’avait surnommée poupée.
Quand elle eu quatre ans, la famille s’installa dans le Val-de-Marne en Région parisienne afin d’éviter à Monsieur L.*** les incessants déplacements dus à sa fonction. Dès lors, la vie se fit plus calme, moins fatigante pour le père et Marie voyait « son papa » plus souvent.
A l’âge de six ans, en promenade avec son père dans la forêt de Fontainebleau. Randonnée dominicale qu’elle ne manquait sous aucun prétexte, elle aperçut de loin une clocharde, assise au bord d’un chemin mais si bien cachée par les taillis de sorte que lorsque les passants s’approchaient, ils ne la voyaient à peine et poursuivaient leur chemin. Quand son père et elle arrivèrent à sa hauteur, Marie ne pu s’empêcher de la considérer. C’était une femme assez jolie avec un doux regard plein d’une infinie tristesse, elle fut soudain attirée par sa tenue vestimentaire, en effet, elle était vêtue d’une simple robe fleurie, sale et fripée avec un grand châle qu’elle ne pouvait refermer sur elle et pour cause, Marie si petite, fut surprise de constater que son ventre était gros, très gros, énorme et pensa en elle-même qu’elle devait être très malade, elle ressentit une vive douleur au plus profond d’elle-même, elle devinait une grande souffrance. Elle demanda aussitôt à son père : «  dit papa, qu’est ce qu’elle a la dame, elle n’a pas l’air bien, on dirait qu’elle souffre ? ». Son père l’entraîna plus loin et lui dit que la dame attendait sûrement un enfant et que c’était plus que probable qu’elle accoucherait dans la nuit. Seulement il n’y a personne pour l’entourer répondit Marie. « Non mais ne restons pas là, elle va s’apercevoir qu’on la dévisage et elle va s’effrayer et, dans son état, ce n’est pas prudent. » Ne peut-on rien faire papa dit la petite, angoissée. Son père l’emmena sans rien dire et observa sa petite fille durant tout le restant de la promenade. Marie avait l’air inquiète et n’était plus gaie comme à l’aller, elle ne s’arrêtait plus pour examiner les papillons, les fleurs, les plantes et les canards, ne courait plus après les oiseaux en sautillant partout joyeuse comme à son habitude. Elle reprenait son air « bête » comme disait sa mère et semblait être ailleurs. Son père écourta la petite randonnée et au sortir de la forêt, ils allèrent ensemble au commissariat le plus proche. Son père demanda à rencontrer le commissaire et lui fit part de ce qu’ils avaient vu : une femme en détresse. Le commissaire leur apprit que la femme en question s’appelait « Fantine » et que tout le quartier la connaissait. C’est une pauvre femme dit-il qui vit de mendicité publique. Elle habite une mansarde, misérable maison en ruine au fond d’un vieux quartier où il y a un moulin abandonné et ne veut pas qu’on la déloge de là. Les services sociaux ont déjà essayé, elle refuse systématiquement. Elle a déjà eu plusieurs enfants que l’Assistance Publique lui ont placés. Ce soir, la police ira la chercher pour l’emmener à l’hôpital et elle retournera à la rue après c’est plus que sûr Elle est comme ça, on n’y peut rien et on n’en sait pas plus sur elle, le reste, c’est un mystère. Elle ne fait de mal à personne et ne demande jamais rien.

Marie resta plusieurs mois à penser à cette femme et dès lors devint plus proche de son père, elle le remerciait secrètement, en silence plus qu’il ne pouvait savoir d’avoir alerté des gens comme elle le disait « pour pas que la dame meure toute seule sur le bord du chemin ».
A partir de cette époque, le père et la fille se comprenaient mutuellement à demi-mot, ils leur suffisaient d’un regard pour que leurs pensées se rejoignirent. Ils formaient un duo contre les vicissitudes de la vie.
La vie s’écoulait entre un père plein d’égards et d’attention pour sa petite fille et une mère attentive aux réactions souvent instinctives de sa fille qui « peuvent lui faire du tort » disait-elle et se montrait très vigilante pour que sa fille ne s’égare pas en de vains comportements enfantins qui ne lui « serviront à rien ».
Son père lui inspira le partage et le goût de l’amitié. De sa mère lui viendra la fierté, l’orgueil et l’indépendance.
Marie fut élevée dans l’amour et la sécurité matérielle, elle ne manqua de rien si ce n’est de petites camarades qu’elle ne pouvait inviter chez elle (sa mère les trouvait trop turbulentes). Elle était protégée au milieu des siens, de sa grand-mère qui venait souvent les voir et raconter des histoires fort charmantes puisqu’elles se passaient dans un temps reculé (fin du 18ème siècle), ce qui faisait rêver Marie qui était une grande romantique. Dans le jardin, son père lui avait aménagé une petite cabane en bois comprenant deux pièces dans lesquelles elle avait aménagé sa « maison secrète », elle y avait mises toutes ses poupées, la cabane bénéficiait d’un toit en tôle et restait intacte en cas de pluie. A l’intérieur, se trouvait un vieux lit à baldaquin qui lui servait de lit l’été, une petite table de cuisine, un miroir, un petit bahut de bois peint en vert, un coffre recouvert de tissu jaune et rouge, deux chaises pliantes et enfin, devant la cabane, un vieux petit banc de bois avec des pieds en fer forgé sur lequel elle asseyait ses poupées et ses nounours à la belle saison. Là était son domaine, très tôt elle avait constitué une petite ménagère et sa mère lui permettait aux beaux jours de boire son café du matin à sa cabane. Sa mère n’y allait pas fréquemment, elle n’aimait pas le côté imaginaire de sa fille et prétendait que cela « l’entraînait loin de la réalité ». La petite Marie invitait chaque semaine sa grand-mère (paternelle) à venir lui raconter ses histoires dans sa « maison secrète », ce qui était un ravissement pour la vieille dame. Son père s’y rendait régulièrement pour faire quelques arrangements pour sa fille et pendant l’été, il emmenait son casse croûte que sa femme lui avait préparé et le mangeait avec sa fille. Il faut dire que le jardin était assez grand pour un pavillon de banlieue car il bénéficiait de la parcelle de terrain voisin que son père avait acheté à un vieux couple dont les terres leur revenaient trop cher La maison ressemblait à une île avec son jardin immense, perdue au milieu de terrains encore inoccupés. C’est pour cela que de la maison au fond du jardin où se trouvait la cabane de Marie, il y avait une petite trotte à faire.
Marie appelait sa grand-mère, « Mèmette au chignon plat » et elle l’aimait beaucoup, avec elle, elle obtenait tout ce qu’elle désirait L’été, il n’était pas rare de les voir prendre le frais tard le soir avant de se coucher sur le banc devant la petite cabane, bavardant et faisant la veillée avec d’autres personnes âgées que sa grand-mère se permettait d’inviter avec l’accord de sa bru. Il y avait là, Madame Crosset et Madame Leloup qui étaient les plus assidues. De temps à autres, venaient deux petits vieux qui partageaient avec son père un repas froid et faisaient ensemble une partie de pétanque. La grand-mère de Marie fumait la pipe et bourrait son tabac avant de se lancer dans ses anecdotes au temps des calèches qu’écoutait avec intérêt tout l’auditoire. La mère de Marie et sa grand-mère se heurtait car sa mère reprochait à celle-ci de donner de mauvaises manières à sa petite fille. Le fait de « fumer était vulgaire et ne donnait pas un bon aspect de la femme. »
Marie déplorait que sa mère fût un rabat-joie et s’en plaignait à son père qui l’invitait à n’en pas en tenir compte. Les années passaient entre l’école, l’enseignement de sa mère, les leçons de solfège au conservatoire de la ville où sa mère l’avait inscrite depuis l’âge de sept ans et les visites des uns et des autres, famille, amis et connaissances de ses parents, de sa grand-mère. On ne recevait presque jamais d’enfants chez Marie et elle ne tarda pas à oublier ce côté essentiel chez un enfant : les jeux de son âge. Cet oubli ne parut pas l’affecter puisqu’elle avait déjà le tempérament solitaire et indépendant et se trouvait bien comme cela. D’ailleurs, elle aimait la tranquilité, le calme propice à l’imagination et à la méditation, grande passion de Marie.
Marie arrivait à l’âge de douze ans quand revenant de l’école sa mère l’accueillit avait un grand sourire en lui intimant l’ordre de fermer les yeux avant d’entrer dans le salon. « Ouvre les yeux maintenant » dit sa mère et regarde. Marie approcha et qu’elle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle découvrit un beau piano à queue qui lui paru gigantesque, noir et brillant comme un miroir avec ses touches en pure ivoire nacrée sur lesquelles ses doigts lui parurent minuscules. « C’est pour toi, lui dit sa mère, fais-en bon usage ». Marie sauta au cou de sa mère en la remerciant et lui demanda si la musique ne la gênera pas car elle a l’intention de jouer souvent. Sa mère lui répondit que c’était la seule chose qu’elle acceptait dans ses jeux, la musique. Elle ne se lasse jamais des airs joués sur du piano, lui dit-elle, « Chopin et Liszt sont mes musiciens préférés ».
Le piano donna à Marie une sensation magique, elle pouvait désormais se livrer à sa passion. La rêverie. La musique l’aidait à dépasser ses angoisses, ses peurs et l’emmenait dans un royaume imaginaire à sa mesure. Les notes extériorisaient sa brûlante nature débordante de vie, la musique l’enhardissait, elle lui donnait de l’assurance et elle assouvissait son profond besoin de donner, de construire, de protéger un royaume rien qu’à elle, elle donnait la vie à sa musique. Elle se prit d’adoration pour son piano, personne ne l’utilisait sauf elle, il faisait l’admiration des intimes et déjà, son esprit « rassembleur » prenait là toute sa force. Elle se mit à inventer des airs, des sonates, des préludes, et fit ses premiers concerts familiaux. Le public était constitué de proches et de quelques voisins, soigneusement triés sur le volet par sa mère. L’hiver, une ou deux fois par semaine, on invitait et Marie jouait à la plus grande joie des hôtes du moment. Seuls les enfants en bas âge venaient accompagnés de leurs parents qui voyaient en cela l’occasion de pouvoir que leurs progénitures s’endorment sagement après un de ces minis concerts. L’atmosphère qui y régnait était gai, entrecoupé de rires quand Marie ou son père se livraient à des histoires drôles oubien à des scénettes pleines d’humour qu’ils avaient inventés. C’était un véritable refuge pour Marie que cette maison où se mêlaient rires et farces, musiques et contes. Sa mère leur abandonnait les soirées et y voyait là un moyen de distraire les siens d’une manière agréable et saine. De ses souvenirs, Marie en retirera de grandes qualités humaines qui lui insuffleront la force dont elle aura grand besoin passé l’enfance, puis l’adolescence.
La vie s’écoula ainsi jusqu’à ce que Marie atteigne l’âge de dix sept ans, son adolescence se passa sans heurts, elle ne fut pas capricieuse comme certaine de ses camarades qui pourtant n’étaient pas autant gâtée, choyée et entourée qu’elle. Elle n’avait jamais côtoyé de garçons et n’en émettait pas l’envie. Ce qui rassurait sa mère qui aurait été impitoyable sur ce point. Son petit monde lui suffisait et elle s’épanouissait harmonieusement. Ce qui étonnait chez Marie c’est son manque de curiosité. Beaucoup interprétait cela comme d’un manque d’intelligence. D’où le fait qu’elle n’allait pas forcément vers les autres. Un matin, son père tomba malade, il se réveilla sans pouvoir remuer son bras et sa jambe droite. « Attaque cérébrale » avait dit le médecin, il n’y a rien à faire. En ce temps là, la médecine était impuissante face à ce genre de maux et prescrivait du repos et une vie calme, sans soucis et c’était bien là le pire, c’était que les soucis allaient commencer
En effet, son père avait jusque là une bonne fonction à la SNCF, il était cadre et recevait un bon salaire pour l’époque. La famille vivait à l’abri des soucis d’argent et sa mère ne travaillait pas, elle n’en avait nul besoin et tenait sa maison d’une façon remarquable. Mais avec la maladie de son père, on ne pouvait plus se permettre de vivre avec les indemnités maladie de son père, il ne pouvait plus travailler et la SNCF le renvoya en lui octroyant un faible revenu qui devait l’emmener jusqu’à l’âge de la retraite. Aussitôt sa mère s’affola en réalisant que son train de vie allait changer Elle mit sur le dos de Marie la maladie de son mari. Elle lui reprochait d’avoir influencé son père à s’investir dans des activités qui s’ajoutant à son travail déjà responsabilisant l’avait conduit là où l’on sait. Il n’était pas raisonnable de l’avoir laissé entraîné par une gamine qui n’avait rien dans la tête. Marie en fut mortifiée et ne savait comment réparer sa conduite et se culpabilisait davantage au contact de sa mère. Son père ne pouvait plus l’aider car sa maladie l’avait laissé paralysé du côté droit et lui avait ôté pour quelques temps l’usage de la parole. Il ne devait jamais la retrouver complètement. Cette maladie invalidante avait pour effet d’engendrer une amnésie partielle et diminuer la capacité de mémoire du cerveau. De telle sorte que la mémoire active avait été atteinte, seule la mémoire passive était intacte. Il fallait bien se rendre à l’évidence. Elle avait perdu son père. Elle avait perdu son meilleur allié. A partir de ce moment là, une nouvelle vie commença, sa mère, faute d’argent avait renvoyé le kinésithérapeute et l’infirmière à domicile qui venait s’occuper de son père. Elle vendit très rapidement l’immense piano et s’interdit des visites. Plus personne ne venait à la maison, mêmes les amis les plus proches ne devaient plus venir car sa mère estimait que les visites coûtaient chers pour leurs faibles moyens. Elle n’acceptait pas les invitations ne pouvant rendre la pareille. Marie se désolait devant un tel désastre familial. Sa grand-mère offrait de les aider financièrement, elle avait grandement les moyens mais sa mère refusait dignement tout aide venant de sa part. Son père avait gardé une certaine lucidité et se rendait compte du changement et ne pouvait que s’apitoyer sur leur sort, se sentant impuissant, il en fut malheureux jusqu’à sa mort et devint taciturne. Sa mère n’avait pas de métier comme beaucoup de femme de son époque et dépendait entièrement des revenus de son mari. C’est alors qu’elle se tourna vers Marie qui approchait de ses dix huit ans.

CHAPITRE II

Le rêve, les désillusions et le grand dévouement de Marie


Marie se sentait seule, affreusement seule, abandonnée par son père à cause de sa maladie, non soutenue par sa mère (elle ne saura réellement jamais pourquoi), elle avait l’impression que le monde s’écroulait. Tout son petit monde s’évanouissait dans une extraordinaire tempête à laquelle elle ne comprenait rien. Elle se réfugia longtemps dans sa petite maison secrète où elle restait seule des heures et parfois lorsque les beaux jours revenaient, elle y dormait jusqu’au matin. Sa mère ne la réprimandait pas et semblait l’ignorer. Marie restait aux petits soins pour son père lui aussi victime du désintérêt de sa femme. Ses parents, malgré leur bonne entente particulière n’osaient se confronter aux faiblesses du corps, surtout sa mère. Leur amour s’était transformé en une solide amitié mais malgré cela, sa mère se tenait distante de la faiblesse de son mari. Elle l’aimait pourtant, Marie le savait bien, mais c’était plus fort qu’elle, sa mère se déprimait de voir son mari dans cet état et préférait refuser la réalité. Elle lui donnait les attentions nécessaires mais uniquement matérielles. Elle ne se faisait pas compatissante et restait de marbre devant un délabrement qui chaque jour s’accentuait faute de médecins spécialisés.
Marie s’était elle-même chargée des plus grandes responsabilités vis-à-vis de son père et ne se réservait aucun repos. Elle n’économisait pas ses forces quand il s’agissait de lui donner ses repas, de le faire manger, de lui couper sa viande, de lui faire boire ses médicaments, de le border, de lui laver le visage, les mains et de lui faire la lecture chaque soir avant de se coucher Son père reprenait confiance et sortit peu à peu de son mutisme et de son apparente mélancolie. Elle le distrayait, le faisait rire en recommençant à lui raconter des histoires drôles, cet homme revivait au travers de sa fille et son état s’améliora, pas jusqu’au point de redevenir valide mais il pu retrouver un peu de sa joie de vivre. Un jour il demanda à s’asseoir dans son fauteuil pour voir le jardin. Marie était contente, son père redevenait vivant.
Sa mère se fit moins amère mais ne montra pas d’élan vers sa fille et se fit moins aimante que par le passé. Elle la voyait comme une charge qui de temps en temps devenait utile. La mère de Marie avait changé. Où est passé maman pensait-elle, que lui est-il arrivé ? Sa mère, grande femme de caractère a toujours été stricte et son éducation rigide. Les membres de la famille la connaissaient bien et ils y étaient habitués, ils savaient malgré tout qu’elle avait grand cœur. C’est une sorte de carapace qu’elle s’était construite mais au fond, c’était une tendre. Pourtant depuis l’accident de santé du père de Marie, elle est devenue triste et aigrie, plus rien ne l’intéressait et on avait même l’impression que le devenir de sa fille n’était plus une priorité. Ce n’est pas étonnant que papa se remette mal se disait Marie. En proie à ses réflexions la jeune fille s’interdit de montrer le moindre signe de tristesse devant son père et se promit de lui rendre une vie meilleure tant qu’elle serait chez elle.
Avec tous ces événements, les études de Marie en pâtirent et bientôt sa mère se vit convoquée à l’université, ce qui l’inquiéta très sérieusement. En effet, une semaine après, sa mère lui parla franchement :
« Marie, tes résultats scolaires sont bien médiocres en ce moment.
- Je sais, mais je vais me rattraper, je n’ai pas tellement assuré mes devoirs mais je n’avais pas le cœur…
- Si tu ne te reprends pas ma fille, il faudra que tu cherches un travail… Et le plus tôt sera le mieux.
- Maman, je te promets de faire des efforts, tu verras je vais m’améliorer
- Je te le souhaite ma fille, je te donne deux mois. Si dans deux mois tes résultats ne sont pas meilleurs, tu devras te trouver un travail, tu as largement l’âge de travailler maintenant et nos ressources se font maigres.
- Oui, maman, ne t’en fais pas, je vais m’appliquer, s’il te plait, ne dis rien à papa, cela le peinerait.
- Si tu veux, de toute façon, je pense qu’à l’heure actuelle, ce genre de souci ne le touche pas. »
Le dimanche suivant, sa grand-mère vint leur faire une petite visite pour voir son fils. Son père appréciait beaucoup la visite de sa mère, c’était pour lui un retour vers une enfance heureuse avec une mère aimante, Marie bien entendu avait plaisir à voir sa grand-mère et tous les trois, comme des complices se sentaient heureux ensemble. Ces jours-là Marie faisait la lecture des journaux de la semaine, on parlait autour des faits divers, on s’arrêtait sur la rubrique des naissances et des décès pour s’apitoyer sur les uns, s’enchanter pour les autres, on discutait autour du thé et du café du quatre heures accompagnés de biscottes et de pain grillé, bref, on ne songeait pas aux lendemains. Parfois, quand l’envie lui en prenait, sa mère se joignait à eux et entamait la conversation sur la vie du quartier Pour Marie, ces dimanches étaient salutaires, salvateurs, elle revivait.
Les études de Marie devenaient de plus en plus pénibles pour elle, elle n’y arrivait plus, elle avait beau faire tous les efforts possibles pour suivre mais rien à faire, plus rien ne rentrait dans sa tête, sa mémoire flanchait, elle n’avait plus la même capacité à se concentrer. Pourquoi continuer. Elle dû se rendre à l’évidence. Elle n’était plus motivée. C’était comme un blocage. La maladie de son père l’avait bouleversée et il n’était plus question pour elle de laisser sa mère prendre en charge ses études alors que le foyer avait bien du mal à vivre au quotidien. Sa décision était prise, elle allait quitter l’université. Un soir, elle alla trouver sa mère dans la cuisine et ne lui cacha pas la vérité.
« Maman, je veux travailler, cela ne m’intéresse plus de poursuivre des études qui de toute façon ne seront pas brillantes. Je n’en peux plus, j’ai mal, c’est atroce de voir papa comme ça, il va mieux je sais mais c’est plus pareil. Je veux vous aider tous les deux maman et te soulager d’avoir une bouche en plus avec moi. Laisse moi chercher un travail, tu avais raison, je suis assez grande pour participer aux ressources de la maison.
- Tu n’as pas vingt et un ans et la majorité n’est qu’à cet âge là. Tu pourrais continuer tes études jusque là si tu avais de bons résultats, je te l’ai dit, mais puisque tu me le demandes et puisque tu as bien réfléchi, je t’accordes le droit de travailler J’irai dès demain prendre congé pour toi à l’université et récupérer ton dossier
- Bien ma fille, à présent, ce n’est pas tout mais il faut examiner la façon dont tu vas t’y prendre pour trouver un travail suivant tes connaissances.
- Oui oui, j’ai de bons diplômes et je sais jouer du piano, ne t’inquiète pas maman, on s’en sortira.
- Marie !
- Oui ?
- Sois prudente et ne t’engage pas dans n’importe quoi, prends le temps de réfléchir aux propositions que l’on te fera.
- Oui maman, oui…
- Marie !
- Merci, c’est bien »
Marie monta rapidement à l’étage où se trouvait son père et l’embrassa en le serrant très fort l’entourant de ses bras.
« Papa qu’est-ce qui te ferait plaisir en ce moment, là maintenant par exemple et les jours suivants ?
Son père surpris de l’engouement de sa fille arriva à peine à articuler un « qu’est ce qui se passe, tu as l’air bien gaie ce soir 
- Oh ! Rien mais dis-moi, dis-moi ce qui te ferai plaisir, c’est un ordre, tu ne peux pas y échapper mon petit papa chou.
- Alors j’aimerais un portrait de toi fait par un peintre de la Butte Montmartre !
- Oh ! C’est une chouette idée alors, oh ! C’est vraiment original, papa, c’est une chose à laquelle on ne pense pas forcément. Il va falloir que je cherche un peintre ? Dis, tu penses qu’il y en a qui peignent bien là-haut à Montmartre ?
- Ma petite fille, à Paris, on trouve tout et surtout des artistes, ne sais-tu pas que Paris est la capitale de la Culture et par conséquent des artistes.
- Bon puisque tu le dis, tu es un vieux parisien toi, tu connais ta ville ! 
- C’est vrai, je suis un vieux Poulbot moi ! »
A partir de cet instant Marie obéit entièrement aux règlements de son cœur, il lui semblait qu’elle pouvait tout faire, tout réaliser, que ses projets les plus fous obtiendraient les faveurs du ciel, elle se sentait investie d’une force morale inébranlable, que tout le fond d’elle-même n’était qu’amour, amour à donner, à distribuer, donner du bonheur, donner de la joie à son père, à sa mère, aux autres, à tous ceux qui l’entourent. La vie était belle, pour une fois depuis longtemps, Marie était heureuse, épanouie, sereine, confiante, paisible, sage, elle voyait l’avenir éclatant. Dans sa tête, rien n’était impossible si on le voulait vraiment. Ses erreurs, les erreurs des autres s’il y en avait étaient oubliées. Le tunnel prenait fin, là-bas au fin fond de ses yeux était la lumière, la porte de sortie d’un long et difficile voyage de la peine et du chagrin, mais la vie était là qui renaissait et tous les espoirs étaient permis. Voilà comment se trouvait Marie à cette époque de sa vie. Je crois bien que ce ne serait là qu’un moment passager de sa pénible existence qui ne se reproduisit depuis plus jamais.
En ces années 1933, les femmes étaient en général la plupart au foyer et celles dont le mari gagnait durement leur vie étaient à l’usine, la vie au travail était plus proche de l’esclavage qu’autre chose, il n’y avait pas de congés payés et les heures à l’usine, dans les mines et même dans les milieux administratifs étaient longues. A l’usine, les employeurs ne donnaient même pas la possibilité aux ouvriers de connaître l’heure, point d’horloge dans les lieux de travail si bien que la journée de travail pouvait se prolonger jusqu’à des huit ou dix heures du soir et commencer dès cinq heures du matin. On était proche des événements de 1936 et la deuxième guerre mondiale n’était pas loin. Seuls les politiques et quelques érudits voyaient se profiler au loin les signes avant coureurs d’une guerre inévitable. Déjà, les femmes avaient payé un lourd tribu en donnant leurs maris et leurs fils à la guerre de 1914-1918 pour défendre la patrie. Les conditions de travail étaient inacceptables. Les maigres ressources du peuple s’engouffraient dans la reconstruction, le développement, la défense du pays. Marie, évidemment était loin de tout cela et ne sentait rien venir. Pour elle tout irait mieux sentait-elle et elle ne voulait pas et ne pouvait pas voir autre chose que le présent.
Il était bien loin le temps de l’enfance où bien enfouit dans son cocon familial, Marie aimait à se cacher.
On était au mois de février 1934 et cela faisait six mois que Marie cherchait un emploi, elle avait fait toutes les usines et aucune ne lui avait proposé autre chose qu’un travail à la chaîne. Marie restait persuadée qu’avec le brevet en poche, elle était capable de faire autre chose que d’être à la chaîne de quelque usine comme ouvrière, elle désirait travailler dans un bureau soit dans le privé ou dans une administration. Mais voilà, Marie constatait que beaucoup d’enfants de quatorze ans étaient à l’usine (l’école était obligatoire jusqu’à l’âge de quatorze ans). Elle avait dix neuf ans et déjà elle était concurrencée par les enfants. Tant mieux se disait-elle, son ambition n’était pas de travailler à l’usine. Dans les bureaux, les employés étaient plus vieux qu’elle (ils avaient poursuivis des études) jusqu’à vingt et un vingt deux ans et possédaient plus de diplômes qu’elle, bref, elle était dans une situation charnière et transitoire, elle n’entrait pas dans le créneau classique.
Marie se désespérait et se désolait de ne rien trouver d’intéressant. De plus, les hommes étaient majoritaires dans les entreprises et il n’était pas question pour elle de forcer les mentalités. La femme lui avait-on souvent répondu est aux fourneaux. Chacun à sa place. Continuez vos études lui répondait-on. Faites comme tout le monde, aller à l’usine. On ne travaille pas pour le plaisir avait dit une autre mais pour gagner son pain.
« Ce n’est pas autre chose que je cherche avait-elle répondu » avec colère.
Ses pas la menèrent à Saint-Germain des Prés, près du quartier Saint-Michel où beaucoup d’étudiants étaient attirés par les librairies de toute sortes qui bordaient les quais et les boulevards, les petites rues étroites de Paris regorgeaient de petites boutiques, de bouquinistes et de petits libraires, des marchands de bibelots, de souvenirs. Elle entra dans l’une d’elles et se mit à potasser les bouquins. Occupée à feuilleter quelques livres pour se distraire et s’évader, elle ne vit pas le libraire qui l’observait depuis un bon moment. Elle se prit d’un tel enthousiasme dans cet endroit qu’elle ne s’aperçut pas que le temps passait. Il se faisait six heures trente quand elle sentit une main lui tapoter l’épaule.
« Mademoiselle, avez-vous trouvé ce qui vous plait ?
- Oh ! Excusez moi, euh, oui, en fait tous ces bouquins me plaisent, vous savez, j’aime la lecture et lire me passionne et quand je m’y mets, je ne vois pas le temps passer.
- Je le vois bien et c’est pour cela que je viens vous voir, savez-vous que je vous observe depuis votre arrivée ?
- Non, je ne le savais pas et pourquoi cela Monsieur ?
- Eh bien, je pensais vous proposer quelque chose, bien que je ne vous connaisse pas mais j’ai bien envie de vous le demander même si j’ai une réponse négative car cela ne dépend pas de moi. Je ne sais pas si je dois oser…
- Osez Monsieur, osez, j’aime bien la franchise, sans détours, cela me permet de voir tout de suite à qui j’ai à faire.
- Voilà, je cherche une vendeuse qui pourrait également tenir la librairie pendant mes absences, cela me laisserait plus de temps pour mes affaires et je serais tranquille pendant la journée en sachant que quelqu’un de confiance puisse me relayer. C’est un poste que je vous offre, c’est une proposition sérieuse. Vous seriez payée avec un salaire et déclarée. Je n’ai pas eu la chance de rencontrer quelqu’un dont le profil puisse me convenir. Je n’ai pas fait paraître une annonce à la vitrine, je préfère me référer à mon flair et il se trouve que je pense que j’ai trouvé ce que je cherchais. Maintenant cela vous regarde et la réponse ne dépend que de vous.
- Ecouter Monsieur, je suis enchantée de voir que je corresponds à vos attentes et je serais vraiment contente d’avoir un emploi car en ce moment, il faut dire que cela tomberait à point. Cependant, je n’ai que dix neuf ans et je ne suis pas majeure, votre offre, Monsieur, vous devez la demander à ma mère.
- Bien sûr mademoiselle, je suis prêt à recevoir votre maman. Serait-elle disponible pour en parler avec vous-même bien entendu, voyons… à dix heures mercredi prochain. Cela me paraît être un délai raisonnable pour que vous puissiez en parler ensemble et me donner une réponse après. Qu’en dites-vous ?
- Entendu Monsieur, cela me va. A mercredi prochain donc. Si il y avait un empêchement, je ne manquerai pas de vous écrire. »
La mère de Marie accueillit la nouvelle comme un tournant dans sa vie familiale. Enfin sa grande fille allait l’alléger et n’allait plus représenter pour elle une charge mais une aide non négligeable par les temps qui couraient.
Elles allèrent la semaine suivante à la librairie où elles furent reçues avec amabilité. Madame L.*** prévint le libraire que sa fille avait de l’éducation et de l’instruction et qu’elle ne devait en aucun cas faire l’objet de brimades ni de travaux en dessous de ses capacités intellectuelles, elle ajouta en outre qu’elle devait être tenue des fréquentations de sa fille. Enfin, qu’elle devait être surveillée afin que certains clients qui, éventuellement fréquentaient le quartier ne fussent tentés d’influencer ou d’entraîner sa fille dans d’obscurs rendez-vous. Après ces recommandations qui semblèrent des plus longues à Marie faites par sa mère, (Marie craignait que le libraire lui refuserait le poste étant donné les contraintes et les recommandations qui lui étaient imposées), le libraire acquiesça et comprit sa mère. Il avait lui-même des enfants et promit à sa mère de respecter ses recommandations. Ils parlèrent ensuite de la rémunération de Marie et de ses horaires, il lui expliqua les tâches qu’elle aurait à faire et lui fit faire le tour de sa boutique, lui montra les livres qu’ils vendaient, il aborda avec elle les aspects professionnels de son commerce et enfin termina sur le fait qu’il comptait sur le sérieux de Marie et qu’il avait fait le bon choix en l’engageant. Marie exultait, c’était son premier travail et cela serait son argent à elle, son indépendance à elle et une sorte de fierté l’enveloppait. Mais elle se rendait compte aussi, que ce n’était que superficiel car elle était toujours mineure et son gagne pain irait directement dans la bourse de sa mère.


CHAPITRE III

L’adolescence gâchée



Marie fut de nouveau entourée par son père, sa mère et sa grand-mère dont les visites ne furent plus seulement dominicales mais deux fois par semaine, le jeudi soir, elle restait à dîner, son père devenait de plus en plus enjoué et retrouvait sa joie de vivre, parfois il n’était pas rare de le voir sourire ne sachant pourquoi, simplement parce que le bonheur revenait. A chaque fois qu’elle revenait de son travail, le soir avant sept heures, l’heure du dîner, son père l’attendait et la guettait derrière sa fenêtre et souriait. Cet homme, qui avait travaillé depuis tout jeune, qui avait su garder son foyer pendant des années sans jamais non, une seule fois fréquenté les cafés comme le font beaucoup d’hommes en France à la sortie de leur travaiL. Lui, au contraire était pressé de rentrer chez lui retrouver sa femme et sa fille car elles étaient sa vie, cet homme n’avait plus qu’une seule joie c’était sa douce, sa tendre et compréhensive fille qui lui redonnait du soleil dans sa vie maintenant si pénible. Il se savait diminué et n’avait plus la force de se défendre, de combattre, il l’avait déjà fait tant de fois. Marie, le savait bien et c’est pourquoi il lui était doux sitôt finie sa journée de filer à son cocon. Ses journées de travail étaient plutôt des journées de plaisir, agréables, elles l’étaient car son penchant pour les livres était vivace. L’ambiance feutrée de la boutique lui procurait un bien énorme, c’était comme une sorte d’équilibre qui jamais ne la trahirait. Les clients se confiaient parfois à elle et elle ne s’en amusait point. Confiante, elle consolait les uns, conseillait les autres, orientait, guidait et ce faisant procurait à la boutique une certaine réputation de librairie « conseil » qui ne fut pas pour ne déplaire à son patron. Qu’elle ne fut pas sa surprise un jour de voir un client lui prêter un livre de sa bibliothèque pour dit-il avoir son avis et en discuter après. Il est vrai que Marie pendant ses temps de pause s’employait à lire un bouquin tout à sa joie de la lecture. Il n’en fallait pas plus à Marie pour être épanouie à son lieu de travaiL. Sa mère vint un soir la chercher et en profita pour se renseigner sur le travail de sa fille Le libraire ne tarit pas d’éloges sur Marie et lui dit combien il était satisfait de son travail et de son comportement en général. La librairie semble plus fréquentée que par habitude et il y a un flux régulier de clients qui aiment à s’entretenir avec Marie sur divers ouvrages. Il me plait de la voir ainsi car on la sens bien dans son environnement. Enfin, j’ai trouvé une employée modèle qui aime ce qu’elle fait.
Sa mère et elle repartirent en discutant sur l’opportunité de cet emploi et du bien qu’il fit sur un plan financier à la famille.
Entrer dans la vie à petits pas c’est probablement le meilleur que l’on puisse rêver Cela dit, Marie ne se contentait pas de travailler à proprement parler mais surtout d’améliorer les conditions de vie quotidienne de leur famille. Sans le savoir ou peut-être inconsciemment, Marie devenait chaque jour un peu plus le pilier de famille du foyer. Sa mère semblait s’apercevoir du changement notable de leur vie grâce à sa fille et se surprenait un peu plus souvent à entourer sa fille de bons soins. Ce n’était pas de trop pour Marie qui venait de vivre une période douloureuse tant mentale que physique.
Marie changeait et se transformait peu à peu en une belle jeune femme pleine d’entrain, longue, élancée, aux formes agréables et proportionnées, son allure était gracieuse, aérienne, elle avait une présence à la fois discrète et légère qui appelait à la confidence. Toujours là lorsque l’on en avait besoin, dévouée et attachante à la fois mais équilibrée lorsqu’il s’agissait de ne pas abuser de ses sentiments. Elle était le type même de la Normande aux joues roses, aux cheveux d’un blond roux, au corps robuste mais gracieux, les yeux verts émeraude très malicieux, brillants d’intelligence et doux. Son âme se reflétait dans son regard et il suffisait d’un regard pour connaître son état d’esprit, son anxiété ou sa joie, sa tristesse ou son émerveillement. Sa grâce et sa gentillesse commençaient à attirer les jeunes hommes et cela la flattait. Elle avait pris soin depuis quelque temps de relever son abondante chevelure ondulée en un chignon qui remontait par torsade le long de sa nuque laissant voir un assez joli cou orné d’une chaîne en or sur lequel pendait un petit diamant en forme de goutte d’eau. De petites boucles d’oreilles assorties lui donnaient un petit air raffiné et élégant. Toute coquette comme beaucoup de jeunes filles à cette époque, elle dénotait quelque part l’aspect sérieux de sa personnalité.


Un jour, alors qu’elle avait pour habitude de déjeuner sur place dans l’arrière boutique de la librairie qu’elle prenait soin de fermer pendant l’heure du repas, lui vint l’envie de sortir déjeuner. Elle se dit que cela ne lui ferait pas de mal d’aller manger sur les quais et de voir du monde pendant l’heure du déjeuner. Son emploi lui permettait une grande autonomie et un temps libre qui n’étaient pas négligeable car dès douze heures trente jusqu’à quatre heures de l’après-midi heure à laquelle elle procédait à la réouverture de la boutique, elle pouvait gérer son temps à sa guise. Elle se disait qu’elle avait fait l’inventaire des bouquins la semaine passée et la librairie était propre, les livres correctement rangés et quelques bouquets de fleurs séchés disposés ici et là pour agrémenter les lieux, ce qui rendait l’espace plus convivial, tout ceci venait de sa propre initiative.
Il était douze heures vingt cinq minutes et plus aucun client ne restait dans le magasin. Marie s’empressa de tirer le lourd rideau de fer qui ne manqua pas de grincer en une longue plainte pendant qu’il descendait puis elle ferma la grande porte vitrée boisée tout autour à double tour, mis le verrou. Elle alla chercher son petit panier d’osier dans lequel elle avait emporté sa gamelle avec quelques fruits et un fromage frais que sa grand-mère ne manquait pas de lui glisser.
Nous étions au mois de juin et le temps était admirable, cela faisait à présent six mois que Marie travaillait dans sa librairie et à aucun moment elle avait paru s’ennuyer bien au contraire, au milieu de ses livres, de ses clients, de son patron qui avait plus l’air d’un oncle qu’autre chose, elle s’était tissé un cocon parfait au milieu duquel elle s’épanouissait. Pourtant quelque chose semblait lui manquer à cette jeune fille bien sage et déterminée. Marie sentait bien qu’elle ne vivait pas comme la plupart des jeunes filles de son âge qui à son époque bien que l’éducation restait très rigide, sortaient de temps en temps sous la vigilance de frères ou sœurs aînés oubien quelques amis. Marie se rendait bien compte qu’elle n’avait aucune amie ni amis à part les connaissances de son père, de sa mère et de sa grand-mère. Ce n’est pas que cela lui manquait particulièrement car elle était solitaire de nature mais occupée toute entière à ses malheurs familiaux, il n’y avait point de place pour penser un peu à elle. Elle se dit qu’il serait temps au moins de se faire une ou deux amies bien à elle pas plus juste ce qu’il faut pour s’entretenir et être au courant des vies de personnes de son âge sans plus. Ce n’était pas non plus une nécessité mais elle avait l’impression que ce serait certainement bénéfique pour elle d’avoir quelqu’un de son âge à qui parler ;
Le ciel était radieux en ce début de juin et elle sortit habillée d’un joli petit ensemble en tweed vert turquoise, son panier d’osier et mit son foulard printanier sur la tête. Ses cheveux en chignon lui conféraient un air distingué, très classe. Elle avait de l’allure notre petite Marie !
Elle longea les boutiquiers de Saint-Germain des Prés puis se retrouva sur les quais. Il y avait du monde en cette saison touristique et elle s’émerveilla de voir ces touristes aussi gais qu’elle en ce moment qui découvraient tout comme elle un Paris romantique et enchanteur Il y avait là non seulement des touristes mais des provinciaux, des parisiens, des familles avec leurs enfants, des mères de famille promenant leurs progénitures à l’occasion de cette belle journée de Printemps, des personnes âgées étaient assises ici et là sur des bancs ou des petits pliants qu’ils apportaient de chez eux et discutaient en regardant les passants. Des badauds s’attardaient auprès des artistes peintres qui se délectaient du paysage et les reproduisaient sur leurs toiles. Des chiens, des chats étaient le plus souvent auprès d’eux et regardaient stoïquement leurs maîtres peindre leurs tableaux. Des marchands de saucisses et de beignets faisaient leurs affaires et des landeaux fleurissaient le long des quais, les mamans en effet profitaient de ce beau début d’ après-midi pour sortir leurs bambins. Marie se sentit soudain nostalgique et se dit que c’était dommage que son père ne soit pas là, lui qui aimait tant se promener comme cela pour rien, juste pour faire un tour, c’était lui qui lui avait donné le goût des promenades et c’était un peu penser à lui que de sortir un peu comme cela pour rien, juste pour être dehors à la bohême comme il disait pour se faire plaisir.

CHAPITRE IV

Jeune, femme et libre


A peine fut-elle arrivée sur les quais, qu’elle se sentit légère, heureuse et pleine d’énergie. Le ciel était d’un bleu splendide et l’air était pur. Elle se trouva un petit coin près d’un escalier de pierre menant aux quais. Elle s’y installa et pris soin de déposer un plaid et d’y placer son petit panier d’osier contenant son déjeuner Là, elle s’assit et se servit car elle avait une grande faim. Sa mère lui avait préparé une salade de pommes de terre à la crème fraîche avec du persil, des petits morceaux de lards frits et le tout bien relevé. Un petit fromage frais avec de l’ail (fromagée) que sa grand-mère lui avait glissé et deux belles pommes constituaient tout son repas. Elle sortit sa bouteille de cidre doux et s’attaqua de suite à se restaurer.
Les quais avaient l’air d’une fête familiale qui plaisait infiniment à Marie, l’ambiance lui convenait tout à fait et elle se sentait revivre. Les bateaux et les péniches ne cessaient leurs aller et venues sans compter les bateaux-mouches qui affichaient complet à chaque étape, Marie termina son déjeuner et s’affairait à ranger ses affaires quand elle entendit soudain une voix qui lui parlait « Vous aviez choisi la mauvaise place mademoiselle, près de l’escalier vous seriez en effet dérangée par le va et vient des gens, voyez plus haut il y a des endroits charmants et tranquilles où vous pourriez vous poser confortablement. »
Elle leva la tête et aperçu un grand jeune homme, élancé, à la chevelure d’un châtain clair avec une raie au milieu, ce qui laissait ses cheveux mi-longs, retomber libres de chaque côté qui lui donnaient un air singulier de fausse noblesse qui déplut un peu à Marie.
- Monsieur, vous vous trompez, j’ai terminé mon repas et vous me voyez là en train de ranger mes affaires, contrairement à ce que vous pensez , et puis ma place était des plus avantageuse puisqu’elle me permettait de voir du monde, justement.
La dessus, Marie pris son panier d’osier, se leva et se trouva devant le jeune homme lui faisant face.
- Milles excuses, mademoiselle, je pensais simplement vous donner un conseil, loin de moi l’idée de vous offusquer
- Vous ne m’offusquer nullement, monsieur, je vous réponds, simplement.
- Bien, me permettez-vous de bavarder un peu avec vous, tout en vous accompagnant à la sortie des quais jusqu’au boulevard Saint-Michel ? Cela me ferait vraiment plaisir »
- Si vous le désirez, je n’y vois pas d’inconvénient mais de quoi pourrions-nous parler ? »
Marie se demandait pourquoi ce jeune homme à l’allure très distinguée s’intéressait à elle, elle se trouvait charmante, certes mais elle n’avait pas l’habitude d’être abordée dans la rue comme cela, elle y voyait un aspect « sans gêne » auquel elle se méfiait.
- Oh ! Vous savez, pour être franc, je vous ai aperçue lorsque vous étiez sur le point d’arriver ou de partir je ne saurais le dire et j’ai tout de suite éprouvé le besoin d’aller vous parler. Je sais que je vais vous paraître un peu audacieux d’aborder ainsi une jeune fille que je ne connais pas mais je ne voulais pas partir sans avoir essayé de vous voir de plus près. J’étais intrigué par votre comportement très solitaire et naturel à la fois. Votre visage paraissait tellement rayonnant que je ne comprenais pas pourquoi seule vous paraissiez tellement heureuse. D’habitude, les gens ont l’air taciturne lorsqu’ils sont seuls, moi-même, je ne tarde pas à m’ennuyer si je ne suis pas en compagnie, voyez… Je vous trouve un peu mystérieuse pour moi. J’avais vraiment envie de savoir pourquoi une belle jeune fille comme vous pouvait se plaire en étant seule. Voilà, je crois que je vous ai parlé franchement, j’espère que ma curiosité ne vous fâchera pas ? »


- Nullement et votre franchise me plait monsieur, il est rare de nos jours de rencontrer quelqu’un d’honnête et de franc et pour cela je vais à mon tour vous parler avec sincérité.
- Je suis étonnée que vous me trouviez un côté mystérieux car je ne me rends pas compte de l’approche qu’on les gens à mon égard et je vais vous dire que pour ma part je n’aime pas du tout les gens curieux si ce n’est que pour parfaire leurs connaissances, ensuite il y a rien de mystérieux en moi car mon comportement est tout simplement naturel, j’ai ce tempérament depuis toute jeune et je ne pensais pas être une rareté à ce point d’attirer l’attention d’autrui.
Quant à ma joie d’être seule, elle est là aussi toute aussi naturelle que mon mystère, je ne redoute pas la solitude y étant habituée, elle est depuis longtemps ma compagne et je m’en porte fort bien. Je suis d’un caractère solitaire mais je ne suis pas farouche comme vous pouvez le constater. Je suis une nature ouverte aux autres et à l’écoute de mon prochain. Il n’est pas rare de me voir rire seule en pleine nature car lorsque je n’ai personne, je ne suis jamais complètement seule, vous savez, j’ai toute la création, toute la nature que Dieu a créé autour de moi, il y a la faune, la flore, le ciel, la terre, les étoiles, la mer qui nous entoure et tout ceci vous parle si l’on sait l’entendre. Il me plait de respirer l’air et de me dire « c’est bon, tu es en vie et je suis bien ». Comment voulez-vous que je m’ennuie et pourquoi ne pas être heureuse avec tout cela autour de soi n’est-ce pas ? Cher monsieur il ne faut pas confondre solitude et solitaire : la solitude fait peur si les gens sont malheureux tandis qu’être solitaire c’est être seul mais être bien dans son esprit et dans sa tête, ce qui n’est pas du tout pareil. Moi, c’est mon cas je suis une solitaire heureuse et la solitude ne me fait pas peur car je ne suis pas malheureuse. Vous comprenez ?
- Oh ! Mademoiselle, quelle féerie de mots, de couleurs, d’enchantement à vous écouter, c’est vrai qu’à vos côtés… Ah ! On se sent bien. J’ai l’impression de rêver, je n’ai jamais rencontré de jeunes filles aussi sensible et aussi douée dans l’art de vivre que vous. Vous êtes une philosophe mademoiselle, vous avez le goût de vivre, d’apprécier et d’approcher le monde avec originalité et en même temps avec une certaine gravité. Cette sérénité, cette sagesse d’esprit pour une personne de votre âge n’est pas courant. Vous êtes enthousiaste et votre optimiste enchante. Vous devriez vous orienter vers un métier de psychologue ou quelque chose d’approchant.
- Je vous remercie mais non, ce n’est pas ma mentalité, j’aime trop aider les autres et non pas les analyser
- Mais dites-moi et vous ? Parlez-moi un peu de vous, je ne vous connais pas et vous, vous avez plus de cartes en main sur moi que moi à votre sujet, ce ne serait pas honnête et inégal de me laisser sans une petite idée concernant votre personne avant de nous séparer n’ai pas raison ?
- Oh ! Si si, pardonnez-moi, je manque à tous mes devoirs, je me présente, je m’appelle Claude et je suis étudiant en médecine, j’ai vingt six ans et je pense m’installer après mes études terminées au Havre près de la mer car je ne supporte plus l’air et l’atmosphère de Paris.
A mesure que le temps passait, le jeune homme lui parla de lui, de ses projets, de ses désirs, de la difficulté qu’il avait de poursuivre ses études car issu d’un milieu ouvrier. Ses parents avaient de plus en plus de mal à assurer ses cours et il voyait son père trimer pour lui permettre de réaliser ses objectifs. Sa mère faisait bien un peu de couture pour les autres mais c’était bien insuffisant.
Marie se sentit en confiance auprès de ce jeune homme frêle il est vrai mais gentil et courtois, il avait l’air très bien éduqué et il ne la choquait point. Il devait deviner que la jeune fille aimait sa compagnie et profita de ce doux moment pour se raconter un peu, il sentait le besoin d’être écouté et avec Marie il ne fut pas déçu. Attentive à la moindre de ses paroles, elle l’exhortait à se confier et peu à peu, ils ne furent plus que seuls tous les deux sur les quais, ils ne voyaient plus les gens autour d’eux tellement ils étaient occupés à leurs bavardages.
Cependant Marie ne tarda pas à vouloir prendre congé car l’heure de reprendre son travail était arrivée. Elle voyait bien que le jeune homme ne s’apercevait nullement du temps qui passait et se sentit obligée d’agir avec fermeté afin que ce dernier n’ait pas l’impression d’avoir à faire à une jeune fille oisive. Aussi, après avoir écouté parler ce compagnon d’un moment elle lui dit sur un ton qui se voulait sans réplique :
- je suis désolée mais il se fait tard et je dois reprendre mon travail, j’ai passé un agréable moment mais tout bon moment à une fin…
- Au revoir monsieur et bonne chance pour l’avenir
- Oh ! Déjà, oui c’est vrai, vous avez votre vie, c’est vraiment dommage, bien tant pis, j’espère vous revoir, c’est possible, si vous le permettez bien sûr ?
- Je n’ai plus le temps. Adieu monsieur et bonne chance, c’était un plaisir pour moi de vous avoir rencontré.
Elle laissa planté là le jeune homme si bien que celui-ci surpris, lui lança un « attendez, je ne connais même pas votre prénom ! »
Marie était déjà loin et très vite grimpa l’escalier des quais et se retrouva sur le boulevard Saint-Michel, puis boulevard de Saint-germain des prés, elle arriva dans la petite rue qui menait à sa boutique. Il était quatre heures moins cinq et fort heureusement aucun client n’attendait à la porte. Tant mieux se dit-elle, j’arrive à temps pour l’ouverture et je vais pouvoir reprendre tranquillement mon activité. Elle ouvrit la librairie, pris soin de ranger son panier-repas puis repensa soudain au jeune homme. Elle songea à la rapidité dont elle prit congé de lui et de ce qu’il devait en penser ; elle se sentit soudain honteuse tant elle avait été impolie pensa t-elle car enfin il semblait très gentil et ne l’avait en aucune manière dérangée, sa compagnie avait été des plus agréable et il ne méritait pas un tel traitement.
Elle avait tellement craint d’arriver en retard à son travail qu’elle en avait négligé toute bienséance. « Oh ! Ce n’est pas grave, je n’ai pas à m’en faire pour cela, après tout, ce sont les garçons qui courent après les filles et non l’inverse ».
Marie reprit le cours de sa journée à la boutique puis rentra chez elle. Une belle journée de printemps inoubliable venait de se terminer.
Le soir venu, après avoir déjeuné en compagnie de sa mère, elle monta à la chambre de son père pour l’aider à manger son repas et pendant qu’il mangeait, Marie lui raconta sa journée et n’omis point de lui parler de l’épisode du jeune homme dont elle avait fait connaissance le midi.
« Comment s’appelle t-il ? » demanda son père
« Claude »
« Que fait t-il dans la vie »
« Il est étudiant en médecine je crois, mais il ne se plait pas à Paris  » Marie continua à raconter sa journée.
Son père devinait aisément que sa fille avait été impressionnée par la rencontre du garçon et en ressentit un léger contentement. En effet, pour lui, Marie avait été jusque là, une enfant sage, rebelle un peu sauvage mais sage qui avait grandit sans enfant de son âge autour d’elle, il a toujours été profondément peiné de cette situation et il entrevoyait que pour sa fille, le fait de rencontrer un jeune garçon ne ferait que lui apprendre à vivre avec quelqu’un de sa génération mais ce qu’il déplorait c’est qu’elle passe directement de l’enfance sans enfants, à l’adolescence sans amis, puis à l’âge adulte sans y avoir été du tout préparée.
« Papa tu m’écoutes, je te demandes si ce prénom te plaît ?" A SUIVRE...

08/04/2008

ASTROLOGIE - SIGNE DU BELIER

ASTROLOGIE - Signe du BELIER
Ce mois-ci : le signe du Bélier

du 21 mars au 19 avril
LE SIGNE PIONNIER !

Les individu(e)s de ce signe sont des hommes et des femmes d'action, ce sont des pionniers, l'affirmation de soi, l'incessante envie de combattre, l'audace, le goût du risque, l'héroïsme, l'activité intense mais également l'agressivité et l'opinâtreté sont les principales spécificités du Bélier.

Ils sont en général impulsifs et réactionnaires, c'est le signe "PIONNIER" des signes du zodiaque. Celui qui ose, qui s'affirme et qui dessine son avenir selon ses visions et s'en rapproche inéluctablement.

Les personnes de ce signe n'ont peur de rien et leur esprit est toujours enclin à défendre le plus faible et de se battre bec et ongles contre des ennemis potentiels ceci, même sans le consentement parfois de celui qui est agressé. C'est dans son tempérament : hausser la voix, toner ses idées et protéger ceux qu'il aime.

C'est sans compter aussi sur sa grande générosité et sa main toujours tendue vers celui qui en a besoin. Il cherche toujours à défendre "l'autre". Le Bélier est un signe fort qui représente la force. Il débute le Printemps et toute la sève puissante qui nourrit. Les personnes de ce signe ont le sang qui boue continuellement et ont l'impression de pouvoir changer le monde et même le porter. C'est une force de la nature, c'est un être résistant, tout est dans sa tête, il raisonne et pense sans cesse.

Son quotidien explose littéralement de lumière et de vie bouillonnante dès que l'on franchit sa porte. Son affirmation de soi est décuplée et on découvre alors son véritable style qu'il instaure partout chez lui. Sa demeure est ouverte à tous et tous y sont largement accueilli. Auprès de lui (elle), il faut être prêt à bouger, à parler, il n'est pas question pour lui ou elle de rester tranquille.

L'individu de ce signe préfère habiter en rez-de-chaussée ou en maison individuelle de plain-pied car plus pratique pour entrer et sortir car il est toujours en activité.

C'est un être changeant et aimant le changement, il affectionne les ambiances animées et les débats où les idéaux se défendent.
Chez l'homme, ce sont les voitures de sport qui ont sa préférence, coupé, cabriolet etc... Tout ce qui va vite. Très séduisant, ces conquêtes ne se compte plus mais reste très attaché à sa compagne lorsqu'il trouve l'amour de sa vie et reste un excellent partenaire pour la femme de sa vie.

C'est un lève-tôt et ses nuits ne sont pas très longues, pour lui, la nuit sert uniquement à recharger ses batteries pour repartir dans ses activités super passionnantes du jour.
Son environnement est tonique et stimule tout le monde.

Madame Bélier adore les voyages, la nature et sa puisssance. Elle collectionne avec passion des souvenirs de ses nombreux voyages. Le tourisme est son loisir préféré. Très indépendante, femme libre et aimant la liberté pour les autres aussi qu'elle défend, elle possède un très bon jugement et se révèle plein de bon sens.
C'est une femme sportive aimant par dessus tout les randonnées et les sports d'endurance. Elle croque la vie à pleines dents. Elle aime la compétition et pousse les autres à se dépasser. Son mot favori : "Tu es capable de.... "oubien : "d'accord on y va"